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Culture et Société.

Actualité Culturelle et Regard sur la Société.

Le problème de diffusion et de distribution du livre en Afrique : un frein pour la littérature africaine.

Publié le 16 Novembre 2010 par Georges Holassey

Il y a quelques semaines, dans l’attente palpitante de connaître le nom du lauréat du prix nobel de la littérature 2010, certains évoquaient la possibilité de voir un écrivain africain  d’obtenir cette année le prix nobel.  On pouvait ainsi lire sur un site de culture africain à savoir le site http://www.afrik.com, dans un article du 6 octobre 2010 : « L’Afrique des lettres est généralement boudée par le comité Nobel. Depuis 1901, seuls quatre écrivains du continent ont été récompensés. Selon de nombreux observateurs, il y toutefois de fortes chances pour que l’académie suédoise consacre cette année un Africain. Quatre auteurs du continent figurent parmi les favoris : Assia Djebbar, Nuruddin Farah, Ngugi wa Thiong’o et Chinua Achebe. »   D’autres articles ont aussi évoqué cette possibilité de voir un écrivain récompensé cette année par l’académie Nobel. Leurs attentes ont été déçues et les prévisions allant dans ce sens ont échoué puisqu’on connaît aujourd’hui le prix nobel de littérature 2010 et ce n’est bien évidemment pas un écrivain africain. Félicitation au lauréat, et loin de nous d’être déçu par cette attribution, nous voulons plutôt attirer l’attention sur un autre qui paraît plus préoccupant pour le continent africain qui, même si on lui souhaite d’avoir cette chance de voir un de ses auteurs récompensé par un prix aussi prestigieux, doit avant tout, et c’est ce qui paraît plus important, améliorer les réseaux de diffusion et d’édition de livre sur le continent. Il suffit de demander des renseignements sur la diffusion et la distribution du livre auprès des éditeurs et vous serez consternés de voir combien énorme est ce problème qui empêche l’Afrique de rendre la littérature accessible à un plus grand public et ainsi aider les jeunes lecteurs d'aujourd'hui à devenir de grands auteurs de demain. Les livres édités dans les quelques maisons d’éditions qui existent, ou plutôt résistent malgré tout sur le continent, doivent faire un parcours de combattant pour être diffusés, ce qui rend les prix du livre assez élevés pour être aisément achetés par le lecteur dont la nécessité se trouve être la satisfaction de besoins vitaux. De plus, les livres publiés en Europe (en France en particulier) sont tout simplement inaccessibles parce qu’un livre qui coûte 15 euros (plus de 10.000 FCFA en Afrique francophone) est tout simplement inaccessible pour les acheteurs africains.

A quand l’éveil des gouvernants sur ces problèmes fondamentaux qui freinent l’essor de la littérature en Afrique ? Il est vrai que quelques auteurs africains arrivent à se faire éditer en France, mais comment rendre accessibles leurs livres sur le continent si on ne définit pas une politique générale de la distribution et de la diffusion du livre, avec l’alignement du prix du livre sur le coût de la vie dans ces pays ? Comment faciliter l'édition en Afrique si on laisse le monde littéraire ainsi gangrené par ces problèmes qui créent de véritable blocage ? Nous espérons que cela se fera un jour, et que le livre en Afrique sera assez accessible, pour l’essor culturel du continent.

 

 

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