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Culture et Société.

Actualité Culturelle et Regard sur la Société.

Senghor - Je me rappelle. (Histoire d'académicien)

Publié le 2 Mars 2012 par Georges Holassey

 

L’académie française vient d’élire un nouvel immortel. Jules Hoffmann, prix Nobel de médecine en 2011 a rejoint le rang des académiciens au fauteuil de l’écrivain Jacqueline de Romilly décédée le 19 décembre 2010 à l’âge de 97 ans. Jacqueline de Romilly avait occupé pendant plus de vingt ans le fauteuil numéro 7 de l’académie.

C’est l’occasion pour nous de faire un clin d’œil littéraire à Léopold Sédar Senghor, l’un des plus célèbres écrivains et poètes africains, ancien président du Sénégal, ayant occupé le fauteuil n° 16 de l’académie française. Surtout en ce moment où le Sénégal fait parler de lui à travers des troubles liés aux élections présidentielles.

Léopold Sédar Senghor est né en 1906 à Joal, au Sénégal et décédé le 20 décembre 2001 à Verson en France. Premier président du Sénégal, il fut le premier Africain à siéger à à l’académie française.

Il a également été ministre en France avant de devenir président après l’indépendance du Sénégal.

Il est principalement célèbre pour ses poèmes, essentiellement symbolistes, fondés sur le chant de la parole incantatoire, construits sur l'espoir de créer une Civilisation de l'Universel, fédérant les traditions par-delà leurs différences. Il travailla sur le concept de la négritude initiée par Aimé Césaire.

 

Extrait d’une partie de son histoire telle que relatée par l’académie :


Tout en enseignant les lettres et la grammaire au lycée Descartes à Tours (1935-1938), il suit les cours de linguistique négro-africaine de Lilias Homburger à l'École pratique des hautes études et ceux de Paul Rivet, de Marcel Mauss et de Marcel Cohen à l'Institut d'ethnologie de Paris. Nommé professeur au lycée Marcellin Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés en 1938, il est mobilisé en 1939 et fait prisonnier en juin 1940. Réformé pour maladie en janvier 1942, il participe à la Résistance dans le Front national universitaire. De 1944 jusqu'à l'indépendance du Sénégal, il occupe la chaire de langues et civilisation négro-africaines à l'École nationale de la France d'outre-mer. 
L'année 1945 marque le début de sa carrière politique. Élu député du Sénégal, il est, par la suite, constamment réélu (1946, 1951, 1956). Membre de l'assemblée consultative du Conseil de l'Europe, il est, en outre, plusieurs fois délégué de la France à la conférence de l'UNESCO et à l'assemblée générale de l'ONU. Secrétaire d'État à la présidence du Conseil (cabinet Edgar Faure : 23 février 1955 - 24 janvier 1956), il devient maire de Thiès au Sénégal, en novembre 1956. Ministre-conseiller du gouvernement de la République française en juillet 1959, il est élu premier Président de la République du Sénégal, le 5 septembre 1960. Ses activités culturelles sont constantes : en 1966, se tient, à Dakar, le 1er Festival mondial des arts nègres. Réélu Président de la République en 1963, 1968, 1973, 1978, il se démet de ses

 

Voici un de ses poèmes dédiés à son village natal :

 

Joal!

Je me rappelle.

Je me rappelle les signares à l'ombre verte des vérandas

Les signares aux yeux surréels comme un clair de lune sur la grève.

Je me rappelle les fastes du Couchant

Où Koumba N'Dofène voulait faire tailler son manteau royal.

Je me rappelle les festins funèbres fumant du sang des troupeaux égorgés.

Du bruit des querelles, des rhapsodies des griots.

Je me rappelle les voix païennes rythmant le Tantum Ergo,

Et les processions et les palmes et les arcs de triomphe.

Je me rappelle la danse des filles nubiles                                           

Les chœurs de lutte - oh! la danse finale des jeunes hommes, buste

Penché élancé, et le pur cri d'amour des femmes - Kor Siga!

Je me rappelle, je me rappelle...

Ma tête rythmant

Quelle marche lasse le long des jours d'Europe où parfois

Apparaît un jazz orphelin qui sanglote, sanglote, sanglote.

 

 

Quelques œuvres de Senghor :

- Femme noire

- Chants d’ombre, poèmes, Le Seuil, 1945

- Hosties noires, poèmes Le Seuil, 1948

- Éthiopiques, Le Seuil, 1956

- Nocturnes, poèmes, Le Seuil, 1961

 

 


 

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lyris 05/09/2017 01:58

je voudrait savoir quel sentiment le poète semble t il exprimer à travers le rythme qu il donne à son texte?