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Culture et Société.

Actualité Culturelle et Regard sur la Société.

Sembène Ousmane : un auteur entre plume et caméra

Publié le 27 Février 2012 par Georges Holassey

Il est difficile de classer Sembène Ousmane en lui collant une étiquette unique. Ecrivain? Il l'était sûrement. Ses livres Le Mandat et Les bouts de Bois de Dieu sont devenus des classiques étudiés dans les écoles en Afrique. 

Cinéaste? Evidemment, il l'était aussi. Considéré comme l'un des premiers réalisateurs africains, il se servait du cinéma pour faire passer ses messages au-delà de l'écriture.

Le parcours de cet auteur est digne d'être évoqué pour montrer à quel point la vie d'un artiste nourrit profondément ses oeuvres. 

Sembène Ousmane est né en 1923 à Ziguinchor au Sénégal. 

Tout jeune, en 1942, il est mobilisé par l'armée française et intégra les tirailleurs sénaglais pour faire la deuxième guerre mondiale.

En 1946, il arrive clandestinement en France, dans la ville de Marseille où il découvre le cinéma et la littérature. Il vit de différents travaux, notamment docker au port de Marseille pendant environ dix ans. Très vite, il se passionne pour l'écriture et publie son premier roman, dont le titre n'est autre que Le Docker noir, publié en 1956.

Puis en 1957 il publie Ô pays, mon beau peuple.

En 1960, il publie les Bouts de bois de Dieu.

En 1960, l’année de l’indépendance du Sénégal, il rentre en Afrique; et commença à penser au cinéma.

En 1965, il publie le Mandat.

En 1966, il signe son premier long métrage intitulé "La Noire de ...", qui est couronné par le Prix Jean Vigo.

En 1968 il adapte au cinéma Le Mandat, considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre et couronné par le Prix de la critique internationale au Festival de Venise.

En 1988, il remporte le Grand Prix du jury à Venise avec le long métrage "Le Camp de Thiaroye"

 

Sembène Ousmane est mort le 9 juin 2007. Il a laissé derrière lui des œuvres littéraires et cinématographiques dont on parlera longtemps, sinon toujours.

 

Voici un résumé des ses deux livres évoqués plus hauts :

 

 

À Dakar, Ibrahim Dieng, le personnage principal du récit, vit tranquillement avec ses deux femmes et de nombreux enfants. Un jour Abdou, son neveu immigré en France, lui envoie un mandat. Et tout bascule quand arrive ce mandat de seulement quelques milliers de francs, une fortune inopinée qui déclenche convoitises et jalousies.

Chef de famille, chômeur et pauvre, il va faire face à de nombreuses complications administratives afin de toucher ce mandat. Ibrahim Dieng sort tôt le matin de sa maison et revient souvent tard tout fatigué après une journée de marche et de nombreuses tracasseries qui n’aboutissent pas à la perception du mandat. Mais le temps presse puisque le mandat n’attend pas indéfiniment. Il doit tout faire pour obtenir dans les délais les pièces exigées par le commis de la poste pour récupérer le mandat. Y arrivera-t-il… ?

 

Les bouts de bois de Dieu est une oeuvre complexe et  profonde dont l’histoire s'inspire de faits réels: la grève des cheminots de la compagnie ferroviaire "Dakar-Niger", ces ouvriers noirs qui, entre eux, s'appellent les "Bouts de bois de Dieu". L'auteur dévoile les motifs qui ont poussé les cheminots à interrompre le travail durant cinq mois. Ils sont désavantagés par rapport à leurs collègues Européens qui jouissent de privilèges sans commune mesure.  Ils exigent les mêmes avantages que leurs collègues français : allocations familiales, retraite satisfaisante, salaire égal à travail égal. On leur signifie alors plus ou moins clairement que les droits de l'Homme ne sont pas les droits de l'Homme de couleur. Ils se cabrent et insistent. La direction de la régie persiste dans son refus. L'affrontement est devenu inévitable: c'est la grève face à l’administration coloniale décidée à briser la grève. Ces travailleurs qui souffrent et s’épuisent peu à peu, arriveront-ils à tenir tête à la direction ?…

 

 

 

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